01 avril 2006

"GPS S 02 02.137 W 076 28.500"




"GPS S 02 02.137 W 076 28.500", huile sur toile (92 * 65 cm) 30.03.2006.

Hier j'en parlais dans mon dernier billet, voilà du coup je n'ai pas dormi cette nuit et je l'ai faite:
Une peinture de cet endoit, qui me hante. Je l'avais bien décrite, cette tombée de la nuit au fond de la jungle dans mon émission, je l'avais bien écrite; mais je ne pouvais m'empêcher de matérialiser cette image mentale en la confrontant aux oeuvres produites durant ce projet qui sont des "documents du réel", "une capture d'un espace et d'un temps"... un "transfert"...
Chaque média permet de faire une médiation entre la perception, la pensée et le regardeur. Mais les médias électroniques ne font aucune médiation avec "la pensée corps" et "la perception corps".
En effet, les médias électroniques permettent une médiation directe avec un objet mental, un concept et permettent une manifestation concrète ou virtuelle de ces derniers, sans interférences corporelles (le geste, la main ect...)

Le média "peinture" est le plus vieux média :
Au quattro cento, ne servait elle pas à narrer les évangiles aux analphabètes priant dans les églises ? au néolithique, ne permettait elle pas une médiation avec les esprits ? et plus récemment au siècle dernier, n'était elle pas le coeur du questionnement de la définition de l'art pour l'art ?
Et grand paradoxe, en ce siècle naissant, elle est presque en dehors de l'art, et fait figure de pratique nostalgique et "hors du temps" : Peter Doig n'a t'il pas nommé une de ses dernières expositions "100 years ago" ?

A mes yeux, elle est le média le plus lent, celui justement qui permet la meilleure médiation entre une "pensée corps" et une "perception corps", car je ne vois pas meilleur moyen de matérialiser une image mentale qui vous est imprimée, tout en la liant à la mémoire corporelle de l'image originellement vue:
La vision n'est qu'une affaire de physiologie, de réactions biochimiques sur votre rétine encodée en influx nerveux vers votre cerveau restituant dans vos chairs les frissons ou les sentiments d'apaisements...
Et la peinture tout en étant le média le plus lent (je n'ai peint cette toile que quatre mois après mon retour), c'est celui qui permet la meilleure médiation entre la vision et le regard...

La critique d'art de ses dernières années et décennies avait pratiquement déclaré "la mort de la peinture". Et c'est exactement pour cette raison qu'en 1998 je peignais des érans internet: http://www.internetpainting.vg

En effet, par delà la mort supposée de la peinture, si on l'on s'intéresse à sa nature telle qu'elle pourrait se définir pour le texte écrit, he bien la réflexion de Roland Barthes("le bruissement de la langue", Paris, Seuil 1984) pourrait s'appliquer à son endroit :
"Un espace à dimensions multiples, où se marient et se contestent des écritures variées, dont aucune n'est originelle: le texte est un tissu de citiations, issues des milles foyers de la culture".

0 Comments:

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home