30 avril 2006

"Shiwiars" DVD PAL 26 minutes


Valéry Grancher
"Shiwiars"

"Les indiens Shiwiars vivent sur le versant ouest de la cordillère des Andes, en Haute-Amazonie, dans l’une des zones de la planète la plus isolée et dans laquelle la biodiversité est la plus grande. C’est avec eux, en 2005, que l’artiste français Valéry Grancher a choisir d’établir un lien direct.
Ce film est un récit de son voyage."

Voilà ci dessus la citation du site http://www.onestarpress.com qui va publier le DVD "Shiwiars" (le film de 26 minutes présenté à la table ronde du 4 Novembre dernier).
Vous pouvez d'ores et déjà effectuer une commande sur le lien suivant:
Cliquez sur la section 'movie by artists' du menu à gauche puis cliquez sur 'Valéry Grancher' dans la liste qui apparaît.

Le Palais de Tokyo présentera une exposition cet été dédiée aux Tropiques. Dans ce contexte auront lieux 'les Nuits Tropicales".
Une de ces nuits sera dédiée au "shiwiars project" le 28 Juin 2006, durant laquelle plusieurs évènements auront lieux:
- Le lancement de ce DVD
- Une écoute de la pièce radiophonique "Tanguntsa amazonie 0" produite pour France Culture et pleins d'autres bonnes surprises.

25 avril 2006

"Gonzalo chief of the shiwiars"


Cette toile représentant un portrait en pied de Gonzalo et sa femme sur fond argent, oppose deux déclarations quasi simultanées:

- Celle de Jeremy Rifkin le 23 Septembre 2005 (célèbrissime économiste américain) dans le journal "The Guardian", faisant allusion aux dégâts des cyclones Katrina et Rita aux USA et à la politique de Georges Bush:
En effet cette politique a eu pour effet d'accélérer les programmes pétroliers ayant pour conséquences directes des déforestation colossales en Alaska et en Amazonie. Selon les météorologues américains, ces deux terribles cyclones seraient les conséquences directes de ces déforestations...
- Celle de Gonzalo, exprimant dans son discour d'accueil, lors de ma visite à Tanguntsa, une forme de programme politique simple pour sa communauté: La défense de la biodiversité et l'autodéveloppement...

Le texte en noir est:
"Sorry, Mr President homilies won't stop hurricanes."
We americans need to get out of SUV's and learn the harsh lesson of Katrina and Rita: We are all to blame.
Jeremy Rifkin, September 23 2005.
->Traduction:
"Désolé, Mr le président, les homélies n'arrêteront pas les cyclones."
Nous les américains devons sortir des SUV et apprendre l'âpre leçon des cyclones Katrina et Rita: Nous sommes tous à blamer.
Jeremy Rifkin, 23 Septembre 2005.

Le texte en rouge:
"Our primary objective is to defend our territory, our territory from oil exploitation, preserve its biodiversity and our culture through self managed development."
Gonzalo chief of the shiwiar community Tanguntsa. Octobre 2005.
->Traduction:
"Notre principal objectif est de défendre nos territoires, nos territoires des exploitations pétrolières, de préserver leurs biodiversités et notre culture grâce à notre propre développement."
Gonzalo chef de la communauté shiwiar Tanguntsa. Octobre 2005.

N'est ce pas l'argent du pétrole qui amènera la mort de la communauté de Gonzalo ? cet argent occultant la biodiversité et la richesse forestière entourant cet individu ?

03 avril 2006

"Nuit"



"Tanguntsa jungle and google map", huile sur toile (73 * 54 cm) 2.04.2006.

En rapport avec le billet publié hier, je rajouterai que les images qui m'ont certainement marquées le plus, sont nocturnes. Et ma plus grande déception et de n'avoir pu les capturer avec la vidéo et la photo:
Ni l'un, ni l'autre ne pouvait permettre d'enregistrer les modulations chromatiques et lumineuses sous un clair de lune, il ne me reste que la mémoire...
C'est de cette mémoire là dont il s'agit dans cette dernière peinture...

Et même cette mémoire, ce lieux n'échappent à Google ! il suffit de saisir les coordonnées GPS de cet endroit dans Google map ! ou encore le mot "shiwiars" dans google pour revenir ici ...

01 avril 2006

"GPS S 02 02.137 W 076 28.500"




"GPS S 02 02.137 W 076 28.500", huile sur toile (92 * 65 cm) 30.03.2006.

Hier j'en parlais dans mon dernier billet, voilà du coup je n'ai pas dormi cette nuit et je l'ai faite:
Une peinture de cet endoit, qui me hante. Je l'avais bien décrite, cette tombée de la nuit au fond de la jungle dans mon émission, je l'avais bien écrite; mais je ne pouvais m'empêcher de matérialiser cette image mentale en la confrontant aux oeuvres produites durant ce projet qui sont des "documents du réel", "une capture d'un espace et d'un temps"... un "transfert"...
Chaque média permet de faire une médiation entre la perception, la pensée et le regardeur. Mais les médias électroniques ne font aucune médiation avec "la pensée corps" et "la perception corps".
En effet, les médias électroniques permettent une médiation directe avec un objet mental, un concept et permettent une manifestation concrète ou virtuelle de ces derniers, sans interférences corporelles (le geste, la main ect...)

Le média "peinture" est le plus vieux média :
Au quattro cento, ne servait elle pas à narrer les évangiles aux analphabètes priant dans les églises ? au néolithique, ne permettait elle pas une médiation avec les esprits ? et plus récemment au siècle dernier, n'était elle pas le coeur du questionnement de la définition de l'art pour l'art ?
Et grand paradoxe, en ce siècle naissant, elle est presque en dehors de l'art, et fait figure de pratique nostalgique et "hors du temps" : Peter Doig n'a t'il pas nommé une de ses dernières expositions "100 years ago" ?

A mes yeux, elle est le média le plus lent, celui justement qui permet la meilleure médiation entre une "pensée corps" et une "perception corps", car je ne vois pas meilleur moyen de matérialiser une image mentale qui vous est imprimée, tout en la liant à la mémoire corporelle de l'image originellement vue:
La vision n'est qu'une affaire de physiologie, de réactions biochimiques sur votre rétine encodée en influx nerveux vers votre cerveau restituant dans vos chairs les frissons ou les sentiments d'apaisements...
Et la peinture tout en étant le média le plus lent (je n'ai peint cette toile que quatre mois après mon retour), c'est celui qui permet la meilleure médiation entre la vision et le regard...

La critique d'art de ses dernières années et décennies avait pratiquement déclaré "la mort de la peinture". Et c'est exactement pour cette raison qu'en 1998 je peignais des érans internet: http://www.internetpainting.vg

En effet, par delà la mort supposée de la peinture, si on l'on s'intéresse à sa nature telle qu'elle pourrait se définir pour le texte écrit, he bien la réflexion de Roland Barthes("le bruissement de la langue", Paris, Seuil 1984) pourrait s'appliquer à son endroit :
"Un espace à dimensions multiples, où se marient et se contestent des écritures variées, dont aucune n'est originelle: le texte est un tissu de citiations, issues des milles foyers de la culture".